41. DELPHINE

Je cours de plus en plus vite. Il ne me lâche pas. Je tourne dans plusieurs ruelles, puis me cache sous un porche.

L’homme au pardessus beige et au chapeau noir me dépasse en courant.

Pas le moment de me faire assassiner.

J’ignore si je m’en remettrais. Dans le cadre de leur punition les dieux ont sans doute veillé à me rendre complètement mortel.

Terre 18 : Terminus pour mon âme ?

Redeviendrais-je simple cadavre, tas de viande tiède qui pourrirait sans possibilité de réincarnation ?

J’attends un moment puis sors de ma cachette. La voie semble libre.

Ce soir je n’ai pas envie d’être seul.

Qui voir ? Solena m’attend, à n’en pas douter.

Mais ce n’est pas elle que je désire.

Je cherche le carton avec l’adresse de Delphine et hèle un taxi.

J’appuie sur le bouton de l’interphone à Kamerer.

— Qui est là ?

— C’est Gabriel.

— Qui ?

— Gabriel Askolein, l’« écrivain agaçant qui se prend pour Dieu ».

Ma franchise la fait rire. Elle se reprend.

— Vous avez vu l’heure ? Même un dieu n’a pas le droit de déranger les mortels durant leur sommeil. Que me voulez-vous encore ?

— Laissez-moi entrer je suis poursuivi par un fanatique religieux à cause de l’émission de télévision.

Elle hésite.

— Bien fait pour vous. Ça vous dégonflera les chevilles.

— J’ai vraiment des problèmes.

— Vous avez encore blasphémé ?

— J’ai seulement parlé de « liberté de penser autrement » dans un monde où tout le monde pense pareil.

Elle refuse toujours d’ouvrir.

— J’ai vu l’émission. Vous avez été courageux. Je n’aime pas votre vision païenne de la divinité, mais dans notre code de vie dauphin il est inscrit de ne jamais abandonner quelqu’un en difficulté. La porte électrique se déverrouille. Je vérifie que personne ne m’a suivi puis je pénètre dans l’immeuble.

Je monte jusqu’au 33e étage. Une porte est entrebâillée. N°103. J’entre.

Delphine Kamerer est en peignoir de bain rouge, les cheveux noués dans une serviette de la même couleur. Elle sort probablement de sa douche.

— Je ne voulais pas rester seul ce soir. Et puis je pense que si un groupe veut me nuire, il m’attend aussi chez moi.

— Vous avez dîné ?

— Non.

Elle me fait patienter dans le salon. Il y a une bibliothèque avec des livres qui parlent tous du même sujet : la religion dauphine.

J’en consulte un luxueusement relié, qui semble la bible officielle.

Je lis la première page :

 

« Au commencement il n’y avait que la mer.

Et dans la mer vivaient les dauphins.

Quand les continents sont apparus, les dauphins sont sortis de l’eau pour ramper puis marcher debout sur la terre.

Cela a donné les hommes-dauphins.

Mais certains d’entre eux avaient la nostalgie de l’élément aquatique, alors ils sont retournés nager dans la mer.

Depuis, les deux peuples frères, terrestre et aquatique, s’entraident.

Les dauphins-dauphins gardiens des secrets océaniques délivrent aux hommes-dauphins leur sagesse primordiale.

Beaucoup d’hommes-dauphins ont oublié qu’ils étaient issus de la mer et ils sont devenus hommes, associés à d’autres animaux. Et ils ont même fini par tuer des dauphins et souiller la mer.

La première personne à renouer le dialogue entre les peuples de la mer et les peuples de la Terre avait pour nom “Mère”.

Cette femme a reçu l’intuition du lien sacré oublié. C’est elle qui a recréé la communication entre les peuples de la Terre et ceux de la mer. »

 

Ainsi voilà comment, sur Terre 18, les hommes-dauphins ont digéré mon enseignement. Tout est lissé, légitimé, harmonisé pour devenir compréhensible même par des enfants. Je garde pourtant en mémoire le fameux contact entre mes hommes-dauphins et les dauphins-dauphins. C’était en effet une femme.

Mais cela n’avait pas été facile de lui inspirer ce dialogue. Je me souviens aussi des premières parties de jeu d’Y, avec mes intuitions de dernière minute, mes bricolages pour sauver de justesse quelques rescapés, mes messages divins envoyés en rêve aux quelques individus médiums qui me semblaient capables de se les rappeler à leur réveil. Ils oubliaient, comprenaient de travers, réinterprétaient.

Et tout ça pour en arriver là : « La Bible Dauphine », en fait le récit de ma partie de divinité telle que je l’ai jouée, mais vue par les pièces !

Delphine revient, vêtue d’un pull indigo. Le temps que je lise elle a lancé quelques plats à réchauffer sur sa cuisinière.

Elle dispose rapidement une nappe et des couverts puis me tend des assiettes pleines d’aliments verts et jaunes tout en me signalant qu’elle est végétarienne.

Je goûte, tout est délicieux.

— Vous ne pourrez pas dormir ici, me prévient-elle. Si vous avez peur de rentrer chez vous, il faudra aller à l’hôtel.

— Je croyais que selon le code dauphin vous deviez accueillir celui qui était en détresse.

— Le code dauphin est une chose, mais mon code de vie personnel en est une autre. Vous êtes un homme et je suis une femme qui vit seule. Je ne voudrais pas que, même par rapport au voisinage, qui que ce soit puisse insinuer des choses dans mon dos.

— Vos voisins vous surveillent ?

— Il y a une femme en face qui passe sa journée à fixer l’œilleton. À croire qu’observer ses contemporains circulant dans le couloir constitue son passe-temps favori. Ensuite elle dresse un compte rendu détaillé des allées et venues à tous les locataires de l’immeuble, essentiellement occupé par des retraités aussi oisifs qu’elle.

Elle me tend des épices pour agrémenter ses plats. Ce n’est ni du poivre, ni du piment. Une poudre jaune et une poudre orange. Je goûte, la saveur rappelle un peu le curry de Terre 1.

— Et si j’avais envie de vous séduire ?

— Il faudrait que vous trouviez des arguments valables.

— J’ai inventé votre religion. Cela vous semble suffisant comme argument ?

— Encore vos délires de grandeur. Je vais finir par croire ce que certains racontent sur vous.

— Arrêtez de croire… expérimentez. Ce n’est pas tous les jours qu’un mortel peut rencontrer un dieu.

Elle part dans la cuisine et revient avec un gant épais tenant ce qui ressemble à des lasagnes aux brocolis et à la béchamel dans un plat transparent.

— Argument non convaincant. Mais j’aime jouer. Voyons. Essayez de marquer des points, je vous dirai si vous vous rapprochez de moi.

— Des points ? D’accord. Si je vous dis que j’admire votre ferveur dans ma religion ?

— Ce n’est pas « votre » religion. Pas de point.

— Alors disons que j’aime beaucoup la « philosophie » dauphin.

— Ah, voilà qui est plus simple. Allez, en guise d’encouragement je vous accorde un premier point.

— Il en faut combien pour rester ici dormir ce soir ?

— 20.

— J’ai envie de faire l’amour avec vous.

— Ça, j’avais compris. Pas de point.

— Vous voyez, quand je suis sincère je ne suis pas récompensé.

Elle me sert du vin. Puis me regarde intensément.

— Vous me dites que vous êtes « mon dieu » et vous ne me parlez que de vous. Ou alors vous me dites que « vous » avez envie de moi. Mais est-ce que vous vous intéressez ne serait-ce qu’une seconde à ma personne ? Est-ce qu’à un moment vous vous êtes demandé qui je suis, moi, Delphine Kamerer ? Vous m’avez l’air de quelqu’un de complètement égocentrique et mégalomane.

Moi, mégalomane !

— Qu’y a-t-il de plus prétentieux que de se prendre pour un dieu ! Délire de grandeur. Complexe de supériorité. Vous deviez avoir soit des parents qui vous plaçaient sur un piédestal et qui vous ont trop gâté, soit au contraire qui vous ont écrasé, et par réaction vous compensez en vous surévaluant.

— Non, je ne voulais pas vous…

— La mégalomanie est une maladie et je peux vous dire que les asiles psychiatriques sont remplis de gens qui se prennent…

Pour moi.

— … Pour Notre Seigneur.

Je bois du vin. Pour sa part elle ne boit que de l’eau. Je commence à trouver cette jeune femme de plus en plus désirable. Dire qu’au début je ne la trouvais même pas belle. Et le temps passant, heure après heure, ma vision d’elle change complètement.

— Alors qui êtes-vous, Delphine Kamerer ?

— Tout d’abord il faut que vous sachiez que ma foi est ancienne. Ma famille a été décimée durant la Guerre mondiale, j’ai été recueillie par une tante qui m’a longtemps caché ma religion. Et quand j’ai découvert mon origine je me suis jetée à fond dans la culture dauphin. Jusqu’à abandonner ma vie normale et mes études d’informatique pour vivre pendant trois ans dans un monastère dauphin.

— Carrément.

— Là j’ai expérimenté la pratique quotidienne de ma foi basée sur le respect de la nature, le respect des autres et surtout le respect de moi-même.

Elle me verse à nouveau du vin mais je n’ai plus envie d’en boire, je préfère l’eau claire.

— Comment vit-on dans un monastère dauphin ?

— Levé avec le Soleil. Le plus souvent à 6 heures du matin. Puis gymnastique d’assouplissement.

Je leur avais appris le yoga.

— Puis chant polyphonique pour émettre une vibration collective. Prière pour notre planète dans sa globalité. Discussion sur les textes des grands sages dauphins. Ensuite nous déjeunons ensemble. Pas de viande. Pas d’alcool. Pas de tabac. Pas de café.

— Pas de sexualité ?

— La sexualité est autorisée, même encouragée en tant que réveilleur d’énergie. Mais il n’y avait dans ce monastère que des femmes et je ne suis pas attirée par les personnes de mon sexe. Et cela n’a rien à voir avec la religion, je pense qu’il faut une forte complicité des esprits avant qu’il puisse y avoir une complicité des corps. Or celle-ci se forge avec le temps et par étapes. Mère disait : « Ce qui n’est pas construit avec le temps ne résiste pas au temps. »

Compris. Je n’ai aucune chance de faire l’amour ce soir.

— Mère nous apprenait aussi les arts martiaux, elle nous apprenait à respirer, à prendre conscience du présent, à connaître la nature. L’une de ses devises était : « Pas de désir, pas de souffrance. »

J’examine un tableau dans la pièce, et m’aperçoit qu’il est signé D.K. Delphine Kamerer. Ainsi elle n’est pas que directrice artistique chez Papillon Bleu Productions, elle est aussi peintre. L’œuvre représente un couple enlacé, les corps fusionnant pour former un nuage. Les couleurs sont très douces, les visages sereins, comme détachés de tout.

— Et si je vous désire ?

— Vous souffrirez.

Je délaisse l’eau et finalement reviens au vin.

Bon sang ! je ne vais quand même pas apprendre la spiritualité et la sagesse d’une simple mortelle qui les tient des hommes à qui j’ai tout transmis !

— Qu’est-ce qui vous fait rire, monsieur le mégalomane ?

— Je me disais que j’ai beaucoup de choses à apprendre de vous.

— Tout d’abord vous paraissez sans cesse nerveux, angoissé, impatient. Il serait peut-être temps de retrouver un peu de sérénité. Voulez-vous que je vous enseigne une méditation simple ?

— Avec plaisir.

— Tenez-vous droit.

J’obtempère, et me cale solidement contre le dossier, mes mains sur les genoux.

— Respirez profondément.

J’inspire.

— Prenez conscience de l’instant présent. Ne vivez que cet instant. Nous allons utiliser les cinq sens. Décrivez-moi ce que vous voyez en face de vous. Notez bien les couleurs.

— Je vois une femme brune aux yeux noirs. Elle est très belle. Une cuisine rouge. Des casseroles blanches. Une table orange. Un plat blanc. Un tableau bleu avec un couple dans un nuage.

— Bien. Maintenant fermez les yeux. Dites-moi ce que vous entendez.

— J’entends un plat qui rissole dans la casserole. J’entends des voisins qui s’engueulent derrière la cloison. J’entends le bruit du vent contre la fenêtre.

— Gardez les yeux fermés. Qu’est-ce que vous sentez ?

— Je sens une odeur de pâte cuite, de thym, de sauge, je sens une odeur de sel, d’huile, de vin. Je sens votre parfum : de la bergamote et un fond fleuri, lilas ou lys. Non, plutôt un bois, peut-être du santal.

— Quel goût dans la bouche ?

— J’ai encore la saveur des lasagnes aux brocolis.

— Le toucher ?

— Je sens la chaise sous mes fesses, mes pieds sur le sol, mes bras sur la table, je sens le poids de mes vêtements.

— Bien, maintenant, rouvrez les yeux et mêlez toutes les informations fournies par vos sens.

Je le fais et je sens tout plus fort. Elle me prend la main et ajoute le contact de sa peau aux informations reçues.

— Vous êtes vraiment là : ici et maintenant, avec moi.

Elle est en train de me donner la plus grande des leçons. Ayant connu l’expérience divine, je revis à fond une vie de mortel incarné.

Cela me rappelle que quand je faisais du vélo je rêvais de posséder une voiture, qui me semblait la dimension supérieure. Je l’ai eue. Et un jour, alors que j’étais coincé à faire l’escargot dans un embouteillage, j’ai vu un vélo me doubler et j’ai compris que finalement le vélo pouvait être plus intéressant que la voiture.

Être mortel peut donc se révéler plus intéressant, plus éducatif pour mon âme qu’être dieu.

Dans ce cas tout serait parfait. Loin d’être une punition, cet exil forcé parmi les gens de Terre 18 serait l’occasion pour mon âme de s’élever encore. Une étape de descente nécessaire à la montée.

— Je veux que vous m’appreniez ce que vous savez, dis-je.

Elle m’apporte des desserts à base de fruits.

— Alors commencez par dire « je souhaite » au lieu de « je veux ». Ce sera la première leçon.

— Je souhaite que vous soyez mon professeur.

— Deuxième leçon, calmez-vous. Cessez de vous montrer tout le temps fébrile et impatient. Tout vient à point au bon moment.

— Mais les enjeux sont terribles et…

— Même la fin du monde pourra attendre jusqu’à demain.

— D’accord. J’essaierai.

— Pour cette bonne volonté je vous donne un point. Cela fait 2 sur 20. Maintenant vous devez déguerpir.

— À quand la prochaine leçon ?

— Lorsque l’élève est prêt, le maître arrive.

De mieux en mieux. Cette phrase est d’Edmond Wells, et c’est moi qui l’ai transmise à un médium dauphin.

Elle se lève, me tend ma veste et m’indique la sortie.

Me voici à nouveau dans la rue, marchant dans les grandes avenues désertes. Il est 1 heure du matin.

Je rentre à la maison et me laisse tomber dans un fauteuil.

Mon téléphone sonne.

Au bout du fil, une voix que je reconnais aussitôt. Je la laisse parler.

— Non, désolé Solena, je ne viendrai pas demain, je préfère qu’on arrête de se voir tous les deux.

— Tu as rencontré une autre fille ?

— Oui.

Je regarde la photo de la fiancée de Gabriel, cette Solena, et me demande ce que mon « moi précédent » pouvait bien lui trouver. « L’amour est la victoire de l’imagination sur l’intelligence », disait Edmond. Je devais prêter une dimension imaginaire importante à cette personne.

Dans le combiné j’entends des bruits caractéristiques.

— Non, ne pleure pas, Solena. Je crois que tu mérites de trouver un type mieux que moi.

— Salaud !

Elle me raccroche au nez. Voilà. Désormais il n’y a plus que Delphine dans mon espace sentimental. Même si la partie semble difficile, au moins elle est claire.

2 points sur 20…

Je vais dans la bibliothèque et je saisis le livre Comme une porcelaine dans un magasin d’éléphants.

Je tourne la première page : « À Solena, sans qui je me sentirais seul en ce bas monde. »

Bon, reconnaissons que j’ai peut-être cassé une porcelaine dans le magasin de Gabriel Askolein. Mais vu que ce type n’est pas vraiment moi, je ne lui dois rien.

Je tourne encore une page et commence à lire le premier chapitre :

 

« Par moments cette planète me semble étrangère, et les créatures qui y vivent, et qu’on appelle mes “congénères”, m’apparaissent comme des animaux étranges que je ne comprendrai et qui ne me comprendront jamais. Je sens en eux beaucoup de peur. Et je sens que l’une des manières pour eux de supporter cette peur consiste à devenir des prédateurs. En effrayant les autres, ils se rassurent eux-mêmes. »

 

Pourvu que ce ne soit pas autobiographique, je déteste les auteurs qui ne parlent que de leur nombril. Je lis.

Je commence à comprendre l’histoire. Le héros, Gilles, a un frère jumeau complètement intégré à la société alors que lui se sent étranger dans ce monde. Son frère est dans les assurances. Lui est dans la fabrication, la décoration et la vente de porcelaines rares.

Il y a une histoire d’amour, les deux frères aimant la même femme obèse, qu’ils nomment l’Éléphante. Il y a aussi une enquête criminelle car le frère de Gilles avait assuré le père et, alors qu’il s’est ruiné en jouant au poker, il le tue pour toucher la prime. Gilles enquête pour savoir qui a tué son père.

Finalement, Gilles met au point son chef-d’œuvre : une porcelaine géante représentant une éléphante. Sur le côté il a représenté son frère assassinant son père. Ainsi il révèle la conclusion de son enquête. L’éléphante de porcelaine est exhibée lors d’une exposition culturelle, mais le frère jumeau, inquiet qu’on découvre son crime, la brise.

À la fin du livre l’auteur indique les musiques écoutées en écrivant l’ouvrage. Ce sont des albums de cette planète. Je n’en connais évidemment aucun. Je prends un autre livre, La Planète des femmes, qui raconte un monde d’où tous les hommes ont disparu, il ne reste plus que des femmes. Le sous-titre est : « Un jour il n’y aura plus que des femmes sur Terre et les hommes seront une légende. » Ce livre est dédié à un autre prénom féminin, Karina.

Décidément il a une muse différente pour chaque ouvrage. À la fin, à nouveau la liste des musiques écoutées. Je comprends pourquoi le casque audio se trouve à côté du clavier d’ordinateur. La musique le porte dans l’écriture. Et peut-être en donne-t-elle le rythme.

Troisième livre. Une enquête criminelle où le seul témoin est un arbre. L’histoire est racontée du point de vue de l’arbre qui pense.

Visiblement, ce type, dans la chair duquel je me trouve, ce Gabriel Askolein, avait vraiment des idées qui partaient dans tous les sens. On a l’impression de suivre une pensée sans contrôle mais aussi sans limites.

Il a l’air de s’amuser énormément à écrire. C’est pour cela qu’il est agréable à lire.

Je commence à me sentir pas si mal dans sa peau.

Écrivain. C’est un boulot de solitaire mais au moins on aménage son temps comme on veut. Et maintenant que Gabriel a une aventure sentimentale avec cette Delphine Kamerer, je sens que tout renaît en lui. Un nouveau livre, une nouvelle muse, je-il suis rentré dans son processus créatif. Il ne me reste plus qu’à écouter ses musiques et à m’amuser à écrire comme lui. Je le ferai demain matin. Je cherche encore et trouve des carnets de notes sur son travail.

Il y a des dessins, des cartes, des fiches de personnages, des schémas d’histoires avec des flèches. Je lis ses notes et découvre un coin « conseils pour écrire ». Il parle de la technique des récits parallèles. Plusieurs histoires qu’on suit alternativement et qu’on peut découper et monter comme des séquences cinématographiques. Il parle de « storyboarder » certaines scènes du roman afin de les visualiser à fond et ensuite décrire les images en détail pour les projeter dans l’imaginaire des lecteurs. Il évoque une notion qui semble pour lui très importante. La « Mise En Abyme ».

Je lis ses livres jusqu’à ce que la fatigue empêche mes yeux de rester ouverts, et je tombe moi-même dans la mise en abyme du sommeil.

Le Mystere des Dieux
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